Un grand café et des petits mouchoirs

Bon, je sais, vu comme ça, de prime abord, vous allez me dire que le dessin fait un peu fouillis. Mais tout va s’illuminer dès lors que je vous aurais annoncé qu’on va parler de DEUX films dans cette note, bande de petits veinards !

Commençons si vous le voulez bien que si vous le voulez pas c’est pareil par un petit quizz, histoire d’éveiller vos neurones engourdis en ce frais matin d’automne :

Question : sur l’affiche ci-dessous, pourquoi George Clooney a-t-il l’air constipé ?

Réponse a : parce qu’il n’a pas eu son café Nespresso™ ce matin.
Réponse b : parce qu’il s’est fait piquer un super rôle par Brad Pitt.
Réponse c : parce qu’il s’est foulé la cheville en courant, c’t’andouille.
Réponse d : parce que son dernier film, The American, est d’une désolante médiocrité.

(Je vous laisse un peu de temps pour réfléchir…)

Je peux vous donner deux indices : primo, Brave Bite n’a rien à voir là-dedans, et secundo, du café, le George en descend des litres dans The American. A croire même que ce film n’est qu’une publicité géante pour le café italien. Ceci pourrait éventuellement expliquer cela, parce que cela peine à expliquer ceci, qui aurait pourtant pu expliquer cela, mais bon…
Pour le reste, c’est-à-dire le film, qu’en dire ?
D’abord qu’entre deux micro-siestes, j’ai bien observé George, et à mon avis la production a dû lui plâtrer les zygomatiques. La tronche de déterré qu’il nous tire pendant tout le film, le Georginou !!! Ils ne l’ont pas payé ou quoi ? A moins qu’il ne s’ennuie fortement à tenter de donner vie au rôle de « Monsieur Coquillette » ou « Monsieur Spaghetti » (rapport à un détail de son anatomie ?), je ne sais plus, un tueur à gages poursuivi à son tour par d’autres affreux (Dieu que c’est original !) et obligé de se mettre au vert dans un trou  paumé d’Italie, où il y a manifestement une usine de fabrication de jolies filles pas farouches.
Voilà.
C’est tout.
Et ça dure 1h43.
C’est un peu du foutage de gueule, oui. En même temps, c’est un film confortable : l’intrigue est convenue, le rythme est lent et nous amène mollement vers une fin largement prévisible. Il y a des personnages secondaires parfaitement inutiles (le prêtre, par exemple) et d’autres qui manquent au contraire, mais rassurez-vous, les méchants sont parfaitement identifiables, et ce dès la première demi-heure. Tout va bien. Pas de surprise. Vous pouvez bâiller à l’aise de temps à autre, voire faire votre courrier ou envoyer des textos en digérant votre pop-corn.
Restent les charmes de l’Italie et des Italiennes (aaaaah… soupir…), et quelques (rares) scènes d’action efficaces, dont une délirante poursuite en chaussettes (et non pas en Saw 7, dont l’avant-première avait lieu, en 3D, dans la salle d’à côté).

Bref, The American, c’est un Bons baisers de Bruges pas drôle et un peu raté, faute de pouvoir s’attacher au personnage principal, fût-il interprété par George « What else ? » Clooney.

Puisque j’avais été bougrement déçu par un film qui avait tout, sur le papier, pour me séduire (polar + tueur à gages + Italie + George Clooney), j’ai décidé, pour me venger, d’aller voir un film qui possédait tous les ingrédients pour que je le détestasse : Les petits mouchoirs.
L’équation était pourtant simple : film français sur des bobos parisiens friqués à problèmes + Guillaume Canet (dont le moins que l’on puisse dire, c’est que son Ne le dis à personne m’avait laissé de glace) + une ribambelle d’acteurs que je n’aime pas (Marion « Marceeeeel » Cotillard, François Cluzet, Benoît Magimel…) = BEÛRK.

En principe.

Sauf que là… j’ai eu une bien agréable surprise. Je n’ai (presque) pas vu passer les 2h34 du film. Bon, il y aurait bien quelques scènes dont on aurait pu se passer et qui auraient fait bonne figure dans les suppléments d’un dévédé, mais qu’importe. J’me suis laissé embarqué comme un débutant.
Pourtant le film est sacrément casse-figure, en équilibre précaire sur le fil ténu qui balance entre ridicule et pathos lourdingue. Mais il ne tombe jamais d’un côté ni de l’autre, et c’est ce qui fait son charme. On passe ainsi, au gré d’une bande-son assez géniale (sauf pour le My Way de Nina Simone – la plus belle version jamais enregistrée de cette chanson mythique – qui, comme d’habitude, m’a fait pleurer toutes les larmes de mon corps, Guillaume Canet je ne te remercie pas), de vrais moments de comédie (les fouines ou les pots de riz, notamment) à des instants beaucoup plus dramatiques.

Les petits mouchoirs, c’est un peu un Peter’s friends à la française.
Et même si ce film donne soif, il laisse aussi derrière lui une envie de vacances à la mer, et surtout de retrouvailles avec des amis.
Ouaip. Une franchement bonne surprise…
Ouatte helse Que demander de plus ?

 Tiens, j’boirais bien un p’tit vin italien, là, moua…

 

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A propos L'amiral

Dessinateur de presse. Ex Le Plus de l'Obs. Dessine actuellement pour Pleine Vie. Caricaturiste tout terrain (fêtes, festivals, mariages, anniversaires, comités d'entreprise, séminaires, conférences...)
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